
Avec la hausse des prix des carburants, de plus en plus d’automobilistes se tournent vers des alternatives pour réduire leur budget mobilité. Dans ce contexte, la voiture électrique d’occasion s’impose progressivement comme une solution crédible. Longtemps limitée par une offre restreinte, elle bénéficie aujourd’hui d’un marché plus mature, avec davantage de modèles disponibles et des prix de plus en plus accessibles. Explications…
Longtemps perçue comme un pari risqué, la voiture électrique d’occasion change progressivement d’image. Offre plus large, autonomies en hausse, batteries garanties :le marché gagne en maturité et les chiffres le prouvent ! Selon le baromètre publié par l’Avere-France et Mobilians, 50 868 transactions ont été enregistrées sur le marché du véhicule électrique d’occasion au cours du 1er trimestre 2026, soit une hausse de +27 % sur un an.¹ Une progression rapide, portée par la hausse des carburants… et par une offre désormais bien plus fournie.
Cette dynamique se confirme sur les mois suivants. Selon les données AAA Data, les immatriculations de voitures d’occasion électriques ont progressé de 63 % en avril 2026 sur un an, atteignant 26 092 unités pour une part de marché de 6 %, contre 3 % seulement en 2025. Une progression qui illustre à elle seule l’accélération du marché.
Une offre de plus en plus large
Pendant longtemps, le marché de la voiture électrique d’occasion a souffert d’un manque de volume. La situation évolue aujourd’hui rapidement. L’augmentation des ventes de véhicules neufs ces dernières années commence logiquement à alimenter le marché secondaire.
Les premiers modèles vendus massivement entre 2018 et 2022 arrivent aujourd’hui sur le marché de l’occasion, souvent après des cycles de leasing ou des renouvellements de flottes professionnelles. Résultat : le choix s’élargit.
Citadines, compactes, SUV ou utilitaires légers : il est désormais possible de trouver des véhicules électriques adaptés à différents usages, avec des niveaux de prix et d’équipements variés. Une diversité de choix qui contribue à démocratiser l’accès à l’électrique, notamment pour les ménages qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas investir dans un modèle neuf.
Des prix plus accessibles…
Le principal levier d’attractivité du marché de l’occasion reste le prix. En moyenne, les véhicules électriques affichent des tarifs plus bas que leurs équivalents neufs, ce qui permet de franchir le pas plus facilement.
Comme pour le marché du thermique, les prix d’une voiture électrique d’occasion varient en fonction de plusieurs critères : âge du véhicule, kilométrage, capacité de la batterie ou encore autonomie. Les modèles les plus anciens deviennent particulièrement accessibles, tandis que les véhicules récents conservent une valeur relativement élevée.
Dans les faits, le marché de la voiture électrique d’occasion se structure aujourd’hui en plusieurs segments :
- Moins de 10 000 € : sur les offres dites « premier prix », on trouve des modèles anciens ou fortement kilométrés, souvent avec des batteries à la capacité plus modeste. Certaines compactes ou berlines de première génération s’affichent entre 8 000 et 13 000 €, voire moins pour les versions les plus anciennes.
- Entre 10 000 et 25 000 € : c’est aujourd’hui le cœur du marché. On y retrouve des citadines et compactes plus récentes, avec des autonomies généralement comprises entre 200 et 350 km.
- Entre 25 000 et 35 000 € : cette tranche regroupe les modèles récents (moins de 3 ans), souvent bien équipés, avec des autonomies élevées et des performances proches du neuf. Entre janvier et février 2026, le prix moyen des VO de moins de trois ans s’établit à 33 278 €.
- Au-delà de 35 000 € : on entre sur des véhicules haut de gamme ou très récents, où l’écart avec le neuf reste limité.
Dans le détail, le marché de l’occasion repose sur quelques modèles devenus incontournables. Au premier trimestre 2026, le baromètre Avere-France / Mobilians met en évidence un trio de tête bien installé. Portée par sa longue carrière et son succès, la Renault ZOE domine largement avec 6 020 transactions. Elle devance la Peugeot e-208 et la Tesla Model 3 qui enregistrent respectivement 4 130 et 3 516 unités écoulées.
Derrière, on retrouve la Fiat 500 électrique (2 464 ventes), la Dacia Spring (2 202) et la Tesla Model Y (1 963). Le classement se complète avec la Renault Mégane E-Tech (1 928), la Renault Twingo électrique (1 748), la Peugeot e-2008 (1 429) et la Mini Electric (1 280).
Des formules locatives de plus en plus populaires
Au-delà de l’achat comptant, le marché de l’occasion commence également à s’ouvrir aux formules locatives, déjà largement répandues sur le neuf. La location avec option d’achat (LOA) ou la location longue durée (LLD) sont désormais proposées par certains professionnels sur des véhicules électriques de seconde main. Chez les particuliers, la location représente plus de 30 % des transactions enregistrées au premier trimestre 2026 selon le baromètre Avere/Mobilians¹ .
Ces offres permettent de lisser le coût d’acquisition avec des mensualités plus accessibles, tout en intégrant parfois des services comme la garantie ou l’entretien. Elles sécurisent aussi l’acheteur sur les questions d’une éventuelle revente tout en permettant de passer à l’électrique sans avoir à immobiliser un budget initial important.

L’autonomie : un critère clé pour les acheteurs
L’autonomie reste un facteur déterminant dans le choix d’un véhicule électrique, en particulier sur le marché de l’occasion. Les premiers modèles proposaient des capacités limitées, souvent inférieures à 200 kilomètres en conditions réelles.
Aujourd’hui, les véhicules disponibles sur le marché de seconde main offrent des performances nettement améliorées. Grâce à l’amélioration des capacités embarquées, de nombreux modèles dépassent désormais les 300 kilomètres d’autonomie, ce qui couvre largement les besoins quotidiens de la majorité des conducteurs.
Pour les acheteurs, l’enjeu consiste à bien adapter l’autonomie à la réalité des usages. Pour un usage urbain ou périurbain, un véhicule plus ancien peut suffire. En revanche, pour des trajets réguliers sur longue distance, il est préférable de s’orienter vers des modèles plus récents, dotés de batteries plus performantes et compatibles avec la recharge rapide.
La question centrale de la batterie
Au cœur de la voiture électrique, la batterie constitue la principale source d’interrogation pour les acheteurs d’une voiture électrique d’occasion.
C’est souvent le premier frein cité par les acheteurs potentiels : selon une enquête Kantar réalisée pour La Centrale, Avere-France et Gireve, 55 % des personnes réfractaires au véhicule électrique d’occasion citent l’inquiétude sur l’état ou la durée de vie de la batterie comme frein majeur à l’achat² . Pourtant, les données disponibles dressent un tableau bien plus rassurant.
Arval, spécialiste de la location longue durée, a analysé 24 000 certificats d’état de santé de batteries (State of Health, SoH) dans 11 pays européens, sur des véhicules issus d’une trentaine de constructeurs. Les résultats sont sans équivoque : à 70 000 km, la capacité moyenne restante atteint 93 %. Après six ans d’usage ou 160 000 km, le SoH reste au-delà de 90 %. La dégradation est lente et progressive, de l’ordre de 1 % tous les 25 000 km. Les modèles de conception plus récente affichent par ailleurs un SoH supérieur de 2 à 3 points à kilométrage équivalent, signe que la technologie s’améliore génération après génération. ³
De nombreux modèles bénéficient également de garanties couvrant la batterie jusqu’à huit ans ou entre 160 000 et 200 000 km selon les marques. Pour les acheteurs, le certificat de santé batterie (SoH) reste l’outil de référence : il indique en pourcentage la capacité restante par rapport à l’état d’origine. Arval en a fait un standard systématique lors de la remise sur le marché de ses véhicules.
À horizon 2027, la réglementation européenne rendra obligatoire un passeport batterie numérique avec affichage de l’état de santé directement sur le tableau de bord, une avancée qui structurera durablement le marché de l’occasion électrique.
Acheter une voiture électrique : les cinq points à absolument vérifier
Comme pour tout véhicule d’occasion, l’achat d’une voiture électrique nécessite quelques précautions, avec des points de vigilance spécifiques :
- L’historique du véhicule : entretien, type d’usage, conditions de recharge… Un véhicule souvent utilisé en charge rapide ou exposé à des conditions extrêmes peut être plus usé.
- La recharge et la compatibilité : puissance de charge, type de prise… Tous les modèles ne se valent pas sur ce point. Si vous prévoyez régulièrement de longs trajets, assurez-vous qu’un connecteur de charge rapide est bien présent.
- L’état de la batterie : c’est l’élément central. Idéalement, demandez un certificat de santé (SoH) pour connaître la capacité restante. À défaut, vérifiez l’autonomie réelle observée.
- Les équipements : identifier les câbles de charge vendus avec la voiture et assurez-vous de bien pouvoir recharger chez vous, notamment si vous résidez en copropriété.
- Les garanties : notamment sur la batterie, souvent couverte jusqu’à 8 ans. Un vrai plus pour sécuriser l’achat.
Source¹ : Avere France, Baromètre du marché des voitures électriques d’occasion, avril 2026
Source² : La Centrale, Avere-France et Gireve, Etude de Marché du véhicule électrique d'occasion, juillet 2025
Source³ : Arval, étude sur l'Etat de santé des batteries des voitures électrique, février 2026


