
Le gouvernement a dévoilé le 11 septembre dernier les lauréats du programme « 100 territoires d’électrification ». Jusqu’en 2030, ces territoires pionniers seront accompagnés pour accélérer la sortie des énergies fossiles. Et la mobilité électrique y occupe une place de choix.
Des territoires pionniers, partout en France
Le programme est l’une des 22 mesures du plan d’électrification des usages, présenté en avril 2026 par le gouvernement. Son objectif : réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées, en les remplaçant par une électricité décarbonée produite sur notre sol. A la clé : une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable.
Au terme de la sélection, 109 territoires ont été retenus parmi 197 candidatures. Ensemble, ils couvrent 6 676 communes et plus d’un Français sur quatre.
Communautés de communes, agglomérations, métropoles, syndicats d’énergie… Les profils sont variés. Et le programme fait la part belle aux campagnes : 87 % des lauréats sont des territoires ruraux, à l’habitat dispersé ou très dispersé.
En matière de répartition régionale, l’Auvergne-Rhône-Alpes arrive en tête avec 17 lauréats, devant la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie (13 chacune) et la Bourgogne-Franche-Comté (10). Suivent le Grand Est (9), le Centre-Val de Loire, l’Île-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (7), les Hauts-de-France et la Normandie (6), puis la Bretagne et les Pays de la Loire (5).
Parmi eux figurent six métropoles (Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble). La Corse, la Martinique, la Guyane et La Réunion complètent la liste.
Votre territoire fait-il partie des lauréats ? Retrouvez la liste complète des territoires retenus.
La mobilité électrique, premier pilier du programme
Chaque territoire va construire sa propre feuille de route autour de quatre axes : sortir du gaz, sortir du fioul, électrifier les mobilités et soutenir l’électrification des autres activités (agriculture, artisanat, industrie).
Libre ensuite à chacun de fixer ses priorités, selon ses enjeux locaux. Mais dès la conception du programme, la mobilité figurait en bonne place : électrifier les transports routiers et déployer les bornes de recharge pour véhicules électriques, en voirie, à domicile et chez les employeurs.
Trois terrains de jeu pour la recharge
Le programme vise explicitement les trois lieux où se joue la recharge au quotidien.
• En voirie, pour les habitants qui n’ont pas de stationnement privé. Les collectivités sont en première ligne sur ce maillage de proximité, comme sur les projets de recharge en voirie.
• À domicile, en maison individuelle comme en copropriété, où l’équipement des parkings d’immeubles reste un chantier majeur.
• Chez les employeurs, sur les parkings d’entreprise. Un levier clé pour les salariés sans solution de recharge chez eux, d’autant que les avantages sociaux liés aux bornes installées par l’employeur ont été prolongés jusqu’au 31 décembre 2027.
Des objectifs nationaux à atteindre
Ce volet mobilité s’inscrit dans un objectif national connu : 400 000 points de recharge ouverts au public d’ici 2030, dont 50 000 en recharge rapide.
Les territoires lauréats ont donc un rôle d’entraînement à jouer. Les six métropoles sélectionnées affichent d’ailleurs déjà des ambitions élevées pour le déploiement de nouvelles infrastructures de recharge.

Ce qui peut changer concrètement sur le terrain
Des bornes de recharge plus nombreuses
Pour les habitants, le changement le plus visible devrait être l’arrivée de nouvelles bornes de recharge. Les lauréats pourront notamment bénéficier des dispositifs nationaux, parmi lesquels le programme Advenir, qui finance l’installation de points de recharge.
Un coup de pouce qui s’inscrit dans une dynamique déjà bien installée : fin août 2026, la France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public, soit 13 % de plus en un an, selon le baromètre de l’Avere-France et du ministère de la Transition écologique.
Pour les collectivités, Advenir propose notamment des aides à l’installation de bornes de recharge en voirie. Et pour bâtir un maillage adapté aux besoins des usagers, le livre blanc de l’Avere-France, du programme Advenir et de leurs partenaires donne aux élus des repères concrets pour orchestrer leurs déploiements.
Des transports du quotidien électrifiés
L’électrification des transports fait aussi partie des projets portés par les lauréats. Un chantier qui pourrait prendre de l’ampleur avec la prochaine phase du plan d’électrification, attendue en octobre.
Un accompagnement sur mesure
Les territoires ne seront pas seuls pour organiser leur transition. L'accompagnement sera coordonné localement par l'ADEME, sous le pilotage du préfet, et adapté à la situation de chacun.
De son côté, l’État mobilisera tous les acteurs utiles : financeurs, gestionnaires de réseaux, bailleurs sociaux, industriels… Au plus près des habitants, les réseaux France Services, France Rénov’ et La Poste seront aussi mis à contribution.
Des premiers projets dès la fin 2026
Place maintenant à la construction des feuilles de route. D’ici au 1er décembre, chaque territoire va définir avec le préfet, l’ADEME et ses partenaires ses objectifs, ses jalons annuels, les moyens humains mobilisés et les soutiens attendus.
Ces feuilles de route pluriannuelles seront signées en fin d’année pour donner un calendrier et un rythme de déploiement. Les premiers projets démarreront dès la fin 2026, avec un accompagnement renforcé jusqu’en 2030.
De nouvelles mesures attendues en octobre
Précision importante : le plan d’électrification n’a pas fini de se déployer. Une deuxième phase doit être présentée en octobre.
Selon Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’énergie, elle soutiendra financièrement notamment l’électrification des réseaux de bus et l’installation d’au moins une borne de recharge rapide publique dans chaque commune de plus de 3 000 habitants.
Sur les grands axes aussi, la recharge va monter en puissance. Le schéma directeur du réseau routier national prévoit de multiplier par cinq le nombre de points de recharge pour véhicules légers d’ici 2035 : de 4 500 points sur 420 aires à environ 22 000 points sur quelque 900 aires.
Côté copropriétés, Logivolt, filiale de la Banque des Territoires, vise l’équipement d’environ 26 000 immeubles collectifs et de 1,7 million de places de stationnement d'ici 2030.
De quoi démontrer, sur le terrain, qu’une autre énergie est possible, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français comme de l’environnement.
Élus et agents : une formation pour passer à l'action
Chaque territoire a un rôle à jouer dans le déploiement de la recharge. Où implanter les bornes, comment évaluer les besoins des habitants, quelles aides mobiliser… Autant de questions auxquelles répond la formation Advenir dédiée aux élus et aux acteurs locaux. Gratuite et animée par des experts de la mobilité électrique, elle donne des repères concrets pour construire une stratégie de recharge adaptée à son territoire et piloter ses projets de A à Z.


