
Depuis début avril, le gouvernement a mis l’accélérateur sur l’électrification des mobilités. En seulement quelques semaines, trois séries d’annonces se sont succédé - portant au total 22 mesures - avec un cap sans précédent : d’ici à 2030, deux voitures neuves sur 3 devront être électriques. Des ambitions qui reposent en grande partie sur les épaules des collectivités locales : planification territoriale, équipement des espaces publics, accompagnement des copropriétés, coordination avec les syndicats d’énergie. Pour être à la hauteur de ce rôle stratégique, élus et agents territoriaux doivent monter rapidement en compétence. C’est précisément l’objectif des formations proposées par le programme Advenir.
Un plan d’ampleur pour électrifier les mobilités
Le 17 avril dernier, le ministère des Transports publiait sa stratégie d’électrification du réseau routier national à horizon 2035, avec un objectif de 30 000 points de recharge sur les grands axes, soit une multiplication par cinq du parc actuel en dix ans. Pour les véhicules légers, environ 22 000 points de recharge rapides seront déployés sur près de 900 aires de repos et de service, permettant une recharge en 20 à 25 minutes. Pour les poids lourds, environ 8 000 points de recharge seront déployés sur près de 560 aires, combinant recharge rapide et recharge adaptée aux stationnements longue durée.
Mais ce réseau national ne représente que 2 % du linéaire routier total. Parkings de centre-ville, zones d'activité, aires de covoiturage, voiries communales… pour les 98 % restants, la responsabilité se joue à une tout autre échelle : celle des collectivités.
400 000 bornes d’ici 2030 : un défi qui se gagne dans les territoires
Alors que le dernier baromètre Avere France chiffre à un peu plus de 192 000 le nombre de points de recharge disponibles dans l’Hexagone, l’objectif national est d’atteindre 400 000 points de charge ouverts au public d’ici 2030, dont 50 000 rapides ou ultra-rapides. De son côté, la Banque des Territoires prévoit 45 000 points de recharge supplémentaires portés directement par les collectivités dans les prochaines années, avec un virage marqué vers la recharge rapide. Au final, c'est près d'un point de recharge sur dix qui dépend directement d'une décision locale.
Une réalité que le gouvernement a prise en compte en annonçant le dispositif « 100 territoires d’électrification ». Ce dernier vise à faciliter l’accès aux dispositifs nationaux existants et à offrir des services d’ingénierie et d’accompagnement à 100 communes ou EPCI volontaires pour électrifier les transports routiers et déployer les infrastructures de recharge associées. Alors que les territoires pionniers seront sélectionnés d’ici l’été, la mobilisation des collectivités reste essentielle. Car sans l’engagement des élus locaux et de leurs équipes techniques, aucun objectif national ne pourra être tenu.
Les collectivités présentes à chaque maillon de la chaîne
Les collectivités interviennent à chaque étape de la chaîne de déploiement des infrastructures de recharge. En amont, via les documents de planification urbaine - PLU, PCAET, schémas de mobilité - elles définissent où et comment les infrastructures de recharge s’intégreront dans le tissu urbain et périurbain. C’est à ce stade que se jouent les arbitrages fonciers, la localisation des futurs équipements et leur répartition entre charge lente et rapide. En phase de déploiement, elles portent ou cofinancent l’équipement des parkings publics, des parcs relais, des zones d’activité communautaires.
Elles jouent également un rôle clé dans l’accompagnement des copropriétés, souvent confrontées à la complexité administrative et technique du droit à la prise. Informer les habitants sur les dispositifs existants, orienter les syndics vers les bons interlocuteurs, faciliter les démarches en AG de copropriété : autant de missions d'accompagnement qui relèvent naturellement de l'action locale.
Enfin, elles jouent un rôle croissant dans la relation avec les opérateurs privés de bornes de recharge : négociation des conditions d’implantation sur le domaine public, suivi de la qualité de service, traitement des réclamations des usagers. Une mission de régulation locale qui suppose une vraie maîtrise du cadre juridique et contractuel.
Le saviez-vous ?
La borne de recharge est bien plus qu'une prise. Pour les habitants d'une commune, disposer d'une infrastructure de recharge publique accessible, c'est la condition concrète pour franchir le pas vers le véhicule électrique. Sans borne à proximité, pas de passage à l'électrique : c'est aussi simple que ça.
En favorisant l'électromobilité sur leur territoire, les collectivités contribuent directement à la qualité de vie de leurs habitants: moins de bruit, moins de pollution atmosphérique en centre-ville et une facture énergétique allégée pour les ménages : un trajet de 100 km en électrique coûte en moyenne 2 à 3 euros, contre 11 euros en diesel. En déployant des bornes sur leur territoire, les collectivités ne font pas que répondre à des objectifs nationaux : elles agissent concrètement pour le pouvoir d'achat et le cadre de vie de leurs habitants.

Des compétences à construire rapidement
Cette diversité de missions est exigeante. Elle suppose des élus et des agents territoriaux une montée en compétence rapide sur des sujets qui, il y a encore quelques années, n’existaient pas dans les formations initiales. Maîtriser les règles de raccordement au réseau de distribution, comprendre les montages financiers mobilisables, piloter un appel d’offres IRVE, dialoguer avec les gestionnaires de réseaux et les opérateurs de mobilité… Des compétences qui ne s’improvisent pas.
Pour les collectivités qui n’anticipent pas la complexité technique et financière des projets d’infrastructures de recharge, le risque est de passer à côté des dispositifs de financement ou de déployer des bornes qui ne correspondent pas aux besoins réels des usagers.
Programme Advenir : passer de l’intention à l’action
C’est précisément pour répondre à ce besoin que le programme Advenir Formations accompagne gratuitement les élus et acteurs locaux dans la mise en œuvre de projets de mobilité électrique concrets. La formation dédiée aux collectivités, est organisée autour de deux modules complémentaires, disponibles en présentiel ou en webinaire, et financés à 100 % par les Certificats d'économies d'énergie.
Introductif, le premier module pose les bases. Il permet d'acquérir une vision globale des défis et des opportunités liés à la mobilité électrique : bénéfices pour le territoire, cadre réglementaire (décret IRVE, règlement AFIR, obligations de verdissement des flottes), dispositifs d'aides mobilisables et retours d'expérience d'autres collectivités.
A la fois plus avancé et plus opérationnel, le second module est destiné aux agents souhaitant passer à l'action. Il permet de structurer un projet complet de déploiement sur le domaine public : diagnostic territorial, définition du projet, montage du marché public, suivi de l'exécution, et mise en pratique sur des cas concrets incluant la constitution d'un dossier de demande de prime Advenir.
À l'heure où le gouvernement sélectionne ses "100 territoires d'électrification" pionniers, les collectivités qui auront investi dans la montée en compétence de leurs équipes seront les mieux armées pour organiser une transition vers la mobilité électrique qui réponde aux besoins et aux contraintes de leurs territoires.


