Rouler en électrique sur de longs trajets : une belle surprise ?

La voiture électrique est-elle adaptée aux longs trajets ? Nous avons accompagné une famille sur la route des vacances au fil des bornes de recharge.

Départ de Strasbourg pour ce couple et ses trois enfants de 7 à 14 ans qui mettent le cap sur Cherbourg, dans la Manche. Une traversée d’Est en Ouest de 850 kilomètres à bord d’une berline électrique, très confortable, offrant suffisamment d’espace pour toute la famille. « C’est devenu notre voiture principale pour les trajets du quotidien, les déplacements professionnels et les départs en vacances, raconte Julien Tissier, directeur d’une agence d’intérim. Strasbourg-Cherbourg, c’était le grand test. » Objectif pour la famille Tissier : savoir si l’électrique est vraiment rentable et fonctionnel sur une telle distance. Le constructeur annonce une autonomie de 520 kilomètres. « On s’habitue très vite à la pratique électrique. On ne raisonne plus vraiment en autonomie maximale mais plutôt en optimisation, en confort, en anticipation et en organisation des pauses. » Un premier arrêt se fait sur une aire d’autoroute après 350 kilomètres. Le véhicule charge pendant une vingtaine de minutes, le temps de se dégourdir les jambes, de boire un café et de grignoter.

« Tout est pensé pour une simplicité d’usage »

« Au total, nous avons fait trois pauses recharge sur l’ensemble du trajet. Et c’est là que nous avons eu notre première surprise. Car nous avions au départ beaucoup d’appréhension sur la disponibilité des bornes, la perte de temps et le voyage compliqué avec les enfants. Finalement, ce sont des temps d’attente très réduits, des pauses qui correspondent à un voyage normal sur autoroute et surtout une sensation beaucoup moins stressante que ce qu’on avait imaginé. » Les paysages défilent tout comme les kilomètres d’autonomie. La voiture anticipe. Le système de navigation identifie les arrêts, les niveaux de batterie, les temps de recharge, les stations disponibles sur le trajet. Quant aux bornes, c’est clairement un nouvel univers que découvre Julien. « Aucune ne se ressemble vraiment. Les puissances changent, les interfaces et les modalités de paiement aussi. Au début, on tâtonne un peu. Mais très vite, on comprend que tout est pensé pour être relativement simple.»

L’électrique change radicalement le rapport à la conduite

« Sur le trajet Strasbourg-Cherbourg, nous avons testé plusieurs types de recharge : sur les stations d’autoroute, les aires de services et les centres commerciaux. Et cela change complètement la manière de vivre les pauses. » Julien compte en moyenne une trentaine d’euros pour une recharge complète. « Mais il faut être honnête. Le coût peut varier selon les réseaux de recharge et les bornes utilisées. Cela reste malgré tout très avantageux. J’en suis convaincu : la voiture électrique, c’est l’avenir. C’est du confort, c’est calme et ça ne pollue pas. Surtout, l’électrique change radicalement le rapport à la conduite. On cherche naturellement à optimiser la consommation. La conduite est plus douce, plus fluide. » Après environ dix heures de route, la destination est atteinte pour la famille Tissier. Une bonne heure a été consacrée à la recharge du véhicule. Dans le contexte actuel de crise des carburants, l’électrique s’impose progressivement. Les ventes de voitures électriques ont bondi de 50 % depuis le début de l’année¹. Et le réseau des bornes de recharge est appelé à se densifier. Le Plan Électrification du gouvernement prévoit 400 000 nouvelles bornes d’ici quatre ans.  

Les entreprises accélèrent

Plus vite vers l’électrique ! Les entreprises passent à la vitesse supérieure pour convertir leur flotte dans un objectif autant économique qu’écologique. Les commerciaux en itinérance sont en première ligne. « C’est une politique de l’entreprise qui veut s’affranchir du pétrole, être moins dépendante des variations de prix et soigner son image de marque, témoigne Jean Marx, ingénieur commercial dans l’agroalimentaire à Strasbourg. Mais pour verdir davantage les flottes professionnelles, il faut parfois combattre des idées reçues. Je fais régulièrement Strasbourg-Nice au volant d’une berline électrique haut de gamme pour me rendre chez des clients. Une distance de 950 kilomètres rythmée par deux arrêts pour la recharge totalement gérés par le véhicule. Concernant le temps et le coût de la recharge, tout dépend du réseau de bornes : sur autoroute, en station-service ou dans une zone commerciale. Et cela peut varier du simple au double. Mais l’électrique reste nettement plus avantageux que le thermique. Le point crucial, c’est l’autonomie. J’ajouterai la disponibilité des bornes. Pas toujours facile en période de vacances et de gros trafic. La clé, c’est un développement massif du nombre de bornes. Pour conclure, je dirai qu’une fois passée la phase de test, on ne revient plus en arrière. Confort, budget, expérience de conduite, impact environnemental : je ressens tous les jours les bénéfices de l’électrique dans mon travail. » 

¹Avere-France, Baromètre des Immatriculations, juin 2026